Un brin d'histoire
L'Auberge de la Cigogne se compose, au fait, de deux immeubles dans l'îlot central de l'Auge, directement en face du pont de Berne. Construits entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle et de style médiéval tardif, ces bâtiments ont été peu modifiés au fil des siècles et des réaffectations, à l'exception de la façade principale, devant laquelle des centaines de touristes posent fièrement chaque année.
Cette même façade fut adaptée au style baroque en 1771 grâce à un décor peint rococo, d'un style semblable à celui du plafond de l'Eglise des Cordeliers dans le quartier du Bourg. Entre 1771 et le début des années 1900, la façade resta plus ou moins la même, comme ont pu le témoigner de nombreuses cartes postales de l'époque. La devanture fut repeinte, ensuite, d'une teinte un peu plus foncée que son ancienne couleur, un choix qui à l'époque ne fit pas l'unanimité.
L'Auberge de la Cigogne que nous connaissons aujourd'hui fut acquise en 1891 par la famille Krieger, et depuis son entrée dans la famille, ne l'aura pas quitté. La maison a traversé bon nombre d'époques relativement colorés, abritant jusqu'en 1925 un jeu de quilles populaire en Auge, ainsi que sous ses différents tenanciers, des cafés et bistrots de quartier où la musique, les conversations animés et les alcools se côtoyaient facilement, avant de se vêtir aujourd'hui de buts clairement plus gastronomiques, mais tout aussi chaleureux et abordables.
L'une des périodes les plus marquantes de l'histoire du quartier et de l'Auberge de la Cigogne fut celle de la patinoire des Augustins, là où se trouve aujourd'hui le grand stationnement, proche de la Sarine. Cette patinoire était terre officielle et lieu sacré du HC-Gottéron jusqu'à la construction de la patinoire de Saint-Léonard. Comme l'Auberge de la Cigogne était à deux pas de la patinoire, on comprend tout de suite sa participation aux moments forts de l'équipe, et son témoignage à de passionnants chapitres de l'histoire du club et de l'Auge en général.
Le bâtiment de l'Auberge de la Cigogne était, il y a plus d'un siècle, la propriété des Jésuites de Saint-Augustin, qui possédaient aussi le couvent proche du grand parking que nous connaissons aujourd'hui aussi sous ce même nom. Il n'est donc pas entièrement surprenant d'apprendre qu'à l'époque, un tunnel secret existait depuis la cave de l'Auberge de la Cigogne jusqu'au jardin du couvent. Le rez-de-chaussée du bâtiment était alors occupé par la forge du couvent, le café se trouvant à l'étage, avec une entrée vers le passage discret depuis la cave. Quelques légumes de saison, pourrions-nous penser, cueillis sur place pour un maximum de fraîcheur?..


